Indépendance de l’Ecosse: glamour et paillettes

Vous aimez bien Mogwai ? Je me passe en boucle Heard About You Last Night (version live dans Celtic Connection de BBC Radio Scotland), le premier titre de leur dernier album, entendu par hasard sur Fip il y a quelques jours. Le reste de l’album est tout aussi bien d’ailleurs. J’adore Mogwai, c’est de bon ton de leur taper dessus, mais deal with it.

En plus, ils ont le bon goût d’être écossais, et d’avoir des idées bien arrêtées sur l’indépendance.

Stuart Braithwaite, le guitariste du groupe, fait partie de ces artistes écossais à être du côté du oui. Dans une interview accordée à Channel 4, il se montre assez optimiste quant à l’issue du référendum. Les indécis, qui constitueraient encore une bonne partie de l’électorat, sont plus attirés par la séparation du royaume que par l’union. Ce serait un retournement de situation assez remarquable, ne peut s’empêcher de commenter la journaliste.

‘We are national’

Stuart Braithwaite n’est pas le seul artiste à s’être rangé du côté des nationalistes. Il y a tout un mouvement d’esprits créatifs qui veulent faire campagne pour le oui au référendum du 18 septembre prochain: ils s’appellent le National Collective, et mettent en place des dizaines de projets ciné, musique, arts plastiques pour que les gens s’intéressent à la question.

Et en fouillant un peu sur leur site, on voit que la liste des Ecossais connus qui militent, ou au moins se déclarent pour l’indépendance, est plutôt fournie.

Commençons par le plus connu d’entre eux, Sean Connery.

L’ancien James Bond, qui ne perd jamais une occasion pour enfiler un kilt et écouter de la cornemuse, a toujours été un militant affiché pour l’indépendance, allant jusqu’à déclarer qu’il n’envisagerait de rentrer vivre en Ecosse que si elle quittait le Royaume-Uni.

A la liste du camp du oui, on ajoutera aussi Annie Lennox, native d’Aberdeen, ou encore Alex Kapranos de Franz Ferdinand. Même s’il n’est pas aussi copain avec Alex Salmond, le Premier ministre écossais, que les autres. Dans les noms que vous n’aurez probablement jamais entendu, j’ai envie de mettre en avant le meilleur de tous, Kevin Bridges, humoriste de Glasgow (vous l’aurez deviné).

Du coup, du côté du non, c’est un peu la misère. Il y a quand même quelques figures fort sympathiques, comme, au hasard, John Barrowman.

Sinon, Emma Thompson, qui a prêté sa voix à la Reine Elinor dans Rebelle, déclare comprendre l’attrait du oui, mais ne pas être convaincue de l’utilité de se séparer du reste du pays. Avec le même argument, on retrouve Susan Boyle, Ecossaise fière, mais pas au point d’être séparatiste.

Mais l’artillerie lourde, les unionistes l’ont sortie la semaine dernière. La semaine passée a été plutôt rude pour les indépendantistes: tout d’abord avec George Osborne, le chancelier de l’échiquier, qui dit qu’ils n’auront pas le droit de garder la livre comme monnaie, et Jose Manuel Barroso qui a fait comprendre aux Ecossais qu’ils pourraient soigneusement fermer la porte de l’UE s’ils quittaient le Royaume-Uni.

Mais le pire, ce fut lors de la cérémonie des Brit Awards: même David Bowie s’y est mis. Pourtant absent de la cérémonie, il a réussi à mettre une pagaille sans nom avec seulement quatre mots à la fin de son discours lu par Kate Moss.

C’est pas One Direction qui aurait réussi à faire ça, tiens.

Cette liste est bien loin d’être exhaustive, mais vous remarquerez que la liste des artistes pour l’indépendance est pour le moment bien plus longue que celle de ceux qui sont contre. Réussiront-ils à faire pencher les indécis d’un côté ou de l’autre de la force ? A 7 mois du vote, ils pourraient faire basculer les résultats. Et ce serait l’occasion pour le camp du oui de rallier un des Ecossais les plus aimés.

One thought on “Indépendance de l’Ecosse: glamour et paillettes

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.