Élections européennes: pendant ce temps, en Écosse…

Comme tous les Britanniques, les Ecossais ont élus jeudi dernier leurs eurodéputés. L’Ecosse en envoie 6 au Parlement européen.

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Pour la période 2009-2014, la délégation écossaise comptait deux MEPs (Members of European Parliament) travaillistes, deux SNP, un conservateur, et un libéral-démocrate.

Et hier soir, quand les résultats ont été révélés, beaucoup sont tombés du placard… Moi la première.

Sans surprise, la participation était assez basse, légèrement en deçà de celle du Royaume-Uni (33.5 contre 33.8 en moyenne dans le pays, mais pouce en l’air à Edimbourg qui a participé à 41.6%), mais de 5 points plus élevées qu’en 2009 – il faut croire que c’est une bonne année pour s’intéresser à la politique. Le SNP, qui espère faire voter une majorité d’Ecossais pour l’indépendance en Septembre, se voyait déjà avec un troisième siège d’eurodéputé piqué aux très impopulaires Libéraux-démocrates pour se rassurer un peu pour la dernière ligne droite avant le référendum… Et les Verts se disaient aussi qu’après tout, vu l’impopularité des partenaires de coalition avec les conservateurs, tout était possible pour eux.

Ca ne s’est pas exactement déroulé comme ça.

Un eurodéputé UKIP a été élu pour la première fois en Ecosse. Le parti de Nigel Farage n’a aucun mandat dans le pays: pas un conseiller municipal, ni un député au Parlement écossais, rien. Et la semaine dernière, il a pourtant réussi à rassembler 10.5% des voix – deux fois plus qu’en 2009.

Si si. Pour le coup ça casse un peu les nationalistes dans leur élan, et dans leur discours: UKIP n’a aucune prise en Ecosse (enfin, avec les chiffres d’hier, maintenant c’est un peu plus discutable), tandis qu’en Angleterre il est très populaire. Preuve en est avec non seulement dans les élections européennes, où les europhobes en tête ont gagné 11 MEPs pour en avoir désormais 24, mais aussi dans les élections locales, où UKIP enregistrait un gain de 128 sièges pour arriver à 163. Même si ce n’est pas la grande vague violette qui a déferlé sur le pays car les travaillistes sont très, très loin devant tout le monde avec plus de 2000 sièges, c’est quand même un score suffisamment bon pour laisser penser que l’an prochain, aux élections générales, ils pourraient peser relativement lourd. De quoi déplaire aux Ecossais qui n’ont, jusqu’à hier, jamais voté pour UKIP, mais c’est surtout un argument pour les indépendantistes, qui disent: si vous voulez vraiment vous débarrasser de UKIP, votez oui en septembre.

C’est donc un petit coup dur pour le SNP, qui doit revoir son argumentation sur ce point. Mais les indépendantistes peuvent se consoler avec le fait qu’après 7 ans au pouvoir, ils restent toujours aussi populaires avec 29% des voix, et que les élections européennes ne prédisent en rien les suivantes.

Quant aux travaillistes, ils reconduisent leurs deux MEPs mais gagnent 5 points de plus par rapport à 2009 pour atteindre 25.9% des voix. Les conservateurs restent stables à environ 17%. Les Verts passent devant les Lib-Dems avec 8% des votes, et célèbrent leur meilleur score dans une élection en Ecosse… Pas assez pour gagner un siège.

2 thoughts on “Élections européennes: pendant ce temps, en Écosse…

  1. Oui, dur dur. David Coburn, le député UKIP élu pour l’Ecosse, est récemment venu participer à un débat à l’Université d’Edimbourg, contre un député SNP. Son discours aurait été franchement comique s’il n’avait pas été effrayant : il a dit texto que l’Europe n’avait apporté que la dictature, la désolation et qu’elle mènerait à l’apocalypse, il a tenu des propos carrément honteux à l’égard des immigrés de l’Est en Europe (réthorique classique de UKIP) pour oser dire ensuite que le FN était un parti de fachos n’ayant rien à voir avec eux. Ca riait jaune dans l’amphi. Mais ça m’a rassurée : moins crédible que lui, tu meurs. Il y a deux semaines : manif anti-UKIP à Edimbourg, il y avait du monde, ça s’est bien passé, je me suis aussi dit que c’était bon signe. Et hier : la catastrophe…

    1. C’est la douche froide. Si tu veux en apprendre plus sur UKIP, je te conseille de suivre les activités d’un chercheur qui s’appelle Matthew Goodwin (il est sur Twitter, il écrit souvent dans Comment is free du Guardian). Il était de passage à Paris il y a peu, il est très éclairant !

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