La petite Nicola

Avec le rythme effréné de publications de billets sur ce blog, vous pourriez penser que depuis le 18 septembre et l’échec de l’indépendance, il ne se passe plus rien en Ecosse, et que dans ce petit bout frigorifique du Royaume-Uni, c’est business as usual. Vous auriez bien tort.

Pour résumer, trois grands changements ces deux derniers mois.

Premièrement, les nouveaux pouvoirs promis à l’Ecosse par les trois grands partis britanniques (Labour, Conservateurs et Lib-Dems) sont en discussion à Westminster. On ne sait pas exactement ce qu’Edimbourg va recevoir, on ne sait pas bien quand, mais en tout cas une commission dirigée par Lord Smith est chargée de se pencher sur la question et de faire des recommandations avant fin janvier 2015.

Ensuite, le Labour est bien à la peine en Ecosse, pour ne pas dire qu’ils sont sur le point de tomber dans l’oubli. Concrètement, ça, c’est la popularité des travaillistes:

Et pendant ce temps, l’ambiance au SNP est comme ça:

Ces dernières semaines, les sondages sont extrêmement défavorables pour les travaillistes, qui ont fait campagne contre l’indépendance aux côtés des Conservateurs et des Lib-Dems si vous vous souvenez bien: alors qu’ils ont aujourd’hui 40 des 59 députés pour l’Ecosse au Parlement britannique, il ne pourrait plus y en avoir que 5 à l’issue des élections législatives en mai 2015. Pendant ce temps, le SNP (majoritaire au Parlement écossais et pro-indépendance) pourrait passer de 6 sièges à… 52. Il faut aussi savoir que le nombre d’adhérents au SNP a triplé entre le 18 septembre et aujourd’hui. On en parlera dans un prochain billet !

Enfin, un gros changement a eu lieu il y a tout juste quelques heures: l’Ecosse a maintenant une Première ministre. Si vous avez bonne mémoire, vous vous souviendrez qu’Alex Salmond, alors Premier ministre écossais, avait démissionné au lendemain de la défaite de la campagne du Oui à l’indépendance. Nicola Sturgeon, la vice – Première ministre était la seule candidate a sa succession. Ce mercredi en séance plénière, elle a donc été élue par les députés écossais Première ministre. La voilà:

Nicola Sturgeon
Nicola Sturgeon

 Alors, qui est-elle, d’où vient-elle, que veut-elle et quels sont ses réseaux?

Nicola Sturgon, 44 ans, originaire de la région de l’Ayrshire, milite au SNP depuis ses 16 ans. Comme pour beaucoup de sa génération, c’est Thatcher qui l’a poussée dans les bras de l’indépedantisme. En 2007, quand le SNP gagne les élections au Parlement écossais, elle devient la numéro 2 du gouvernement. Elle forme un tandem combatif et charismatique avec Alex Salmond et est plusieurs fois désignée femme politique de l’année. Elle est connue pour son ancrage très à gauche et son habileté pendant les débats (cela dit pas aussi habile qu’Alex Salmond). Maintenant à la tête du SNP et du gouvernement écossais, elle s’est fixée deux grands objectifs: remporter la majorité des sièges écossais à Westminster en mai 2015, et faire en sorte qu’un autre référendum pour l’indépendance soit organisé dans les quelques prochaines années, avec ou sans l’accord de Londres. Pour la plupart des indépendantistes, ce n’est pas parce que le Non l’a emporté en septembre qu’on n’entendra plus parler de l’indépendance… A vrai dire, la désillusion est telle que si le vote avait à nouveau lieu aujourd’hui, ce serait le Oui qui l’emporterait (sondage YouGov pour The Times).

Pour un portrait plus complet de Nicola Sturgeon, jetez donc un oeil à celui publié dans le Scotsman il y a quelques jours! A lire aussi, un bel entretien de Newsweek avec Alex Salmond.

The Scottish Cabinet in Bathgate
Alex Salmond et Nicola Sturgeon

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