#Indyref2

Il y a deux ans, après la victoire du non au référendum sur l’indépendance, je disais qu’on allait encore entendre beaucoup de parler de l’Ecosse. Vous vous souvenez ?

La Première Ministre écossaise, Nicola Sturgeon
La Première Ministre écossaise, Nicola Sturgeon

Eh bien nous y voilà : ce vote qui devait être le seul en une génération risque d’être suivi par un deuxième, si Londres opte pour un « Hard Brexit ». C’est ce qu’a annoncé Nicola Sturgeon, la Première ministre écossaise, à l’ouverture du congrès annuel du Scottish National Party à Glasgow ce jeudi. Ce nouveau vote pourrait avoir lieu avant que le Royaume-Uni ne se retire formellement de l’Union européenne, en principe début 2019, après deux ans de négociations.

Depuis deux ans, beaucoup de choses ont changé, mais le vrai game changer a évidemment été le Brexit : alors que le Royaume-Uni a majoritairement voté pour sortir de l’UE, 62% des Écossais ont voté pour rester. C’est un peu la goutte d’eau qui fait déborder le vase, d’autant plus que le gouvernement britannique, qui va devoir gérer le Brexit, est conservateur, alors que les Écossais sont représentés presque exclusivement par des députés nationalistes.

Il faut aussi savoir que l’un des arguments majeurs de la campagne unioniste en 2014 était que seul un maintien dans le Royaume-Uni pouvait garantir une place à l’Ecosse dans l’Union européenne. Et aujourd’hui, c’est tout le contraire qui se passe ; elle risque d’en sortir contre son gré et d’en subir toutes les conséquences : un probable ralentissement économique, une baisse du pouvoir d’achat, une fuite des entreprises du secteur financier qui occupe une place importante à Édimbourg, etc.

Et pour couronner le tout, l’après-Brexit a une odeur particulièrement désagréable, avec des discours de la part du gouvernement de Londres qui font frissonner tous les progressistes du pays, en particulier concernant l’immigration. Le congrès annuel du parti conservateur a été un festival de déclarations xénophobes, contre les médecins étrangers, les étudiants étrangers, et tout simplement les entreprises britanniques qui osent employer des travailleurs non-britanniques. Même si Londres a rétro-pédalé sur certaines des ses propositions, toujours est-il que le gouvernement écossais s’est dit que c’en était assez, et qu’il fallait peut-être songer, une nouvelle fois, à prendre un chemin différent. Nicola Sturgeon a déjà multiplié les déclarations pour se désolidariser de ce que faisait Londres, et elle semble remporter l’adhésion des Écossais, si l’on en croit les réseaux sociaux. Sur Twitter, #WeAreScotland, le hashtag qu’elle a lancé pour montrer que l’Ecosse est une nation ouverte, tolérante et inclusive, a un succès phénoménal.

Rassemblement pro-indépendance dans la quartier de Govan à Glasgow
Rassemblement pro-indépendance dans le quartier de Govan à Glasgow

Forcément, les conservateurs et travaillistes, dans l’opposition au parlement d’Édimbourg, se sont insurgés contre l’idée d’un nouveau référendum. Unionistes un jour, unionistes toujours : ils estiment que malgré le séisme provoqué par le Brexit, l’Ecosse doit rester dans le Royaume-Uni. Pour Kezia Dugdale et Ruth Davidson, le SNP devrait se pencher sur les problèmes quotidiens des Écossais au lieu de relancer un débat sur le futur de la nation.

Cette deuxième campagne, si elle a bien lieu, risque d’être très différente de la première. Tout simplement parce que ce n’est pas Alex Salmond, l’ancien First Minister maintenant député, qui la mènera : Nicola Sturgeon est bien moins péremptoire et beaucoup plus prudente que lui. Pas de déclarations catégoriques sur le futur de l’économie écossaise cette fois-ci, alors que la question de la monnaie n’a pas été réglée et que les revenus du pétrole de la mer du Nord ont fondu comme neige au soleil. Malgré le Brexit, il n’y a pas eu une montée fulgurante du sentiment indépendantiste : selon un sondage publié il y a tout juste deux jours, si les Écossais votaient aujourd’hui, ils rejetteraient à nouveau l’indépendance.

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