Lire l’Ecosse : l’incontournable Irvine Welsh

J’ai une confession à faire : j’aime beaucoup écrire sur l’Ecosse, mais j’ai en réalité lu très peu de littérature écossaise. Je ne connais même pas très bien les grands classiques comme Ivanhoe, Rob Roy ou Waverley de Walter Scott. Ca tombe bien : je délaisse un peu les podcasts pour la lecture dans le métro, et avec presque une heure de trajet aller, et une heure de trajet retour, autant vous dire que j’ai le temps de lire.

Le chef d’oeuvre majeur d’Irvine Welsh : Trainspotting

L’auteur écossais que j’aurai le plus lu est Irvine Welsh, dont j’ai lu trois livres. Le premier, c’est Trainspotting, que j’ai découvert pendant mon année Erasmus en Ecosse. On me faisait les gros yeux car je n’avais jamais couru à toute vitesse sur Princes Street comme dans le film, que je n’avais jamais vu. Du coup, je l’ai regardé, mais je n’ai toujours pas couru sur Princes Street. Il y a toujours du monde, c’est IMPOSSIBLE de courir en pleine journée. Par contre j’ai lu le livre et je vous invite à le faire, si vous êtes branchés toxicos écossais des 90s à Edimbourg. Très glauque, mais très drôle et prenant.

Un tag de Trainspotting (licence CC)

Le deuxième, c’est Crime, publié en 2008. C’est l’histoire d’un flic écossais mal dans ses baskets qui va vivre en Floride, et qui se retrouve à protéger une gamine piégée dans un trafic pédophile. C’est un énorme pavé que j’ai dévoré en moins d’une semaine, et pourtant j’ai la capacité de concentration d’un bambin.

Filth : bon courage pour le digérer

Le troisième, je viens de le finir, c’est Filth (Ordure ! en français), également adapté au cinéma, avec l’excellent James McAvoy dans le rôle principal. J’ai trouvé Filth beaucoup plus compliqué à terminer que les autres livres : vous voulez du trash, vous aurez du trash. C’est (encore) l’histoire d’un flic, Bruce Robertson, qui est, comme le titre l’indique, une pure ordure. Raciste, sexiste, homophobe, manipulateur, méchant, pas hyper intéressé par le consentement, alcoolique, drogué, la totale. C’est ce charmant personnage qui doit enquêter sur le meurtre d’un noir à Edimbourg. Mais le livre parle moins de l’enquête que de la décomposition progressive du personnage principal, dont on apprend un peu plus grâce à son ver solitaire qui s’exprime. Ca a l’air dégoutant comme ça (ça l’est), mais c’est vraiment intéressant. Un des personnages de Filth, Ray Lennox, devient le personnage principal dans Crime, tandis qu’on croise certains de Trainspotting dans Filth.

Irvine Welsh a écrit une dizaine d’autres romans et nouvelles, et un autre roman doit sortir fin mars : Dead Men’s Trousers. Je l’ai précommandé et j’ai hâte de le lire… Et après je lirai autre chose, j’ai besoin de me sortir la tête des histoires de drogue et de crimes.

La joie de lire en Scots

En plus des histoires bien ficelées et d’une écriture très crue que j’aime beaucoup, l’un des attraits des livres d’Irvine Welsh est la langue. Ils sont écrits en Scots, un dialecte parlé dans le sud de l’Ecosse, à ne pas confondre avec le gaélique écossais. Ca paraît difficile au début, mais on s’y fait très vite. Voyez plutôt :

« Toal’s so intae his ain shit though, he’s totally oblivious tae all this. »

Intae = into. Ain = own. Tae = Into. Vous voyez ? Rien d’insurmontable !

La prochaine fois, on parlera d’un autre livre écossais. Roman graphique, essai, poésie, je ne sais pas encore. J’ai des TAS de choses sur ma liste ! Mais en attendant la prochaine fois, je vous laisse en compagne d’Irvine Welsh qui lit un extrait de Trainspotting.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.