Busted ! Mon agenda caché anti-Corbyn

J’adore le moment où un article sur lequel j’ai travaillé dur est enfin publié. C’est tellement gratifiant de se dire : génial, quelqu’un de pas idiot a trouvé mon boulot suffisamment instructif pour vouloir le montrer à tout le monde. Je suis donc super fière de mes quatre analyses et reportages pour Noisey, Mediapart et RFI. Ce n’est pas parfait, je n’ai pas la science infuse, mais hey, faut bien commencer quelque part.

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J’aime bien voir aussi que les gens réagissent à ce qu’ils lisent. Surtout quand ça les sort un peu de leur zone de confort, quand ils lisent des choses avec lesquelles ils ne sont pas d’accord. On n’avancerait pas, si on restait chacun dans nos bulles, sans comprendre ce qui se passe ailleurs, pourquoi et dans quel contexte.

Ce qui m’intrigue, par contre, c’est quand on ne prend pas la peine de mettre ses a priori de côté et qu’on projette une interprétation sur un texte où rien ne mène à cette interprétation.

Le meilleur exemple, c’est l’article de Mediapart. C’est comme si les gens cherchaient un prétexte pour se donner en spectacle avec leur rage à peu de frais.

Le fond de l’article était très simple : je suis allée à un évènement au Book Festival où Yanis Varoufakis, l’ex-ministre de l’économie de la Grèce, a invité Jeremy Corbyn, leader du Labour Party, à discuter de la résurgence du socialisme. Gros programme.

Jeremy Corbyn et Yanis Varoufakis au Book Festival

Sauf que forcément, alors que la deadline pour négocier un accord entre l’UE et le Royaume-Uni pour le Brexit approche à pas de géants, tout le monde attend le Labour au tournant. La stratégie des travaillistes peut, pour le moment se résumer à cette expression fantastique: constructive ambiguity.

L’ambiance feutrée et bienveillante du Book Festival (Corbyn n’est pas venu pour souffrir okay?) aurait été l’occasion parfaite pour parler un peu de fond. Les médias lui rendent en ce moment la vie très difficile parce qu’il est accusé d’antisémitisme. Pas évident, j’imagine, de faire un débat de fond dans un environnement aussi hostile que le monde médiatique britannique. Malgré tout cela, celui qui veut devenir le prochain Premier ministre n’a pas donné plus d’informations sur la position du Labour.

C’est ça, le sujet de l’article : quelques semaines avant la fin des négociations, on attend toujours de savoir ce que pense le Labour. Et c’est tout. Ce n’est pas un article pour savoir si Corbyn est antisémite ou pas (encore une fois il est présumé antisémite, ça veut dire que cela reste à prouver). C’était un élément de contexte. Ce n’est pas de savoir si Corbyn doit être pour ou contre un no-deal Brexit : je ne suis pas sa conseillère politique, moi je raconte juste une histoire. Ce n’est même pas de savoir s’il doit y avoir un deuxième référendum pour un « Final Say » : je dis juste que la direction du Labour n’y est pas favorable, mais que beaucoup de députés le sont, donc le parti ne parle pas d’une seule voix sur ce point.

Tout ça pour dire : non, je n’ai pas un agenda caché pour décrédibiliser Corbyn, maintenir les conservateurs au pouvoir et faire un bras d’honneur à la démocratie en voulant annuler le Brexit. Mais je suis flattée qu’on me prête ce pouvoir !

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