Happy new year! 2019 en Ecosse

Happy New Year! Lang may yer lum reek. C’est la tradition ici en Ecosse : on vous souhaite une bonne année, et surtout que vous ayez toujours du bois pour votre cheminée. C’est compréhensif : aujourd’hui, au plus chaud de la journée, il a fait deux degrés.

2018 a été une année riche en rebondissements et en émotions. On s’est beaucoup retrouvées, avec l’Ecosse, comme deux vieilles copines qui ne se sont pas vues pendant des années, mais qui ont encore plein de choses à se dire. En 2019, on va continuer à papoter légèrement et débattre passionnément.

L’année promet d’être chargée. Personnellement, mon but sera d’explorer et de découvrir, de lire et rencontrer des personnalités intéressantes et concrétiser quelques idées. Comme mon amie Sarah de French Kilt l’a annoncé il y a quelques jours sur son blog, nous travaillons sur un projet qui devrait vous plaire. Je vais écrire plus souvent, sur ce blog (oui oui, promis !) mais aussi dans la presse. Vous pouvez lire mon travail sur le site de Radio France Internationale, Mediapart et Edinburgh Live, mais j’espère être publiée plus régulièrement en anglais.

2019, année du Brexit

2019 sera, cela ne vous a pas échappé, l’année du Brexit… si tout se passe comme prévu. Bien malin celui qui peut dire se qui va se passer exactement d’ici le 29 mars 2019, date officielle de sortie de l’UE. Pour le moment, c’est le calme avant la tempête : les députés britanniques rentrent de vacances la semaine prochaine, et le débat sur le deal négocié par Theresa May avec Bruxelles commencera immédiatement. Le « meaningful vote », initialement prévu en décembre 2018, a été repoussé au 15 janvier 2019. Comme je vous l’expliquais dans un billet précédent, Theresa May savait très bien qu’elle était loin d’avoir le soutien nécessaire, y compris dans son propre parti, pour gagner ce vote. Même en le repoussant, ce n’est pas dit qu’elle gagne : les députés sont furieux du retard pris, et elle n’a pas réussi à faire fléchir l’UE sur le fameux backstop pour l’Irlande du Nord. Elle a beau dire que les discussions avec Bruxelles continuent, les 27 sont très clairs : il n’y aura pas de concessions, ce deal est le seul sur le table.

Les travaillistes dans le flou

De son côté, Jeremy Corbyn, le leader de l’opposition travailliste, est toujours fermement opposé au deal de Theresa May. Mais cela ne veut pas dire qu’il soutient un deuxième référendum sur le Brexit, qui donnerait le choix entre rester dans l’UE et en sortir. Sa position est de pousser le gouvernement à organiser des élections générales… ce que le gouvernement conservateur ne fera pas, a priori. La seule manière de l’y obliger serait qu’une motion de défiance, déposée par les travaillistes, passe au Parlement. Or Jeremy Corbyn estime qu’il ne pourrait pas gagner un vote de défiance. Par conséquent, la position du parti s’appliquera : si le Labour n’obtient pas d’élections générales, il soutiendra un deuxième référendum. Autant dire qu’il faudra traîner Jeremy Corbyn par les cheveux pour qu’il l’accepte.

Jeremy Corbyn et Yanis Varoufakis au Book Festival

Boule de cristal, anyone?

Du coup, qu’est-ce qui va se passer ? On ne sait pas trop. Si Theresa May perd le vote du 15 janvier, alors elle aura 21 jours pour présenter son plan B aux députés. Là, tout peut arriver : ils peuvent décider de finalement soutenir ce deal parce qu’il n’y a plus beaucoup le temps avant Brexit Day. Ils peuvent décider de reprendre la main pour aller vers un Brexit plus doux (la majorité des députés étant contre un Brexit sans deal, à la dure). Ils peuvent décider de convoquer un nouveau référendum. Cette option, qui paraissait peu probable il y a encore quelques semaines, me semble aujourd’hui être la moins mauvaise issue.

Quid de l’indépendance de l’Ecosse ?

2019 sera aussi l’année où nous en saurons plus des intentions de Nicola Sturgeon concernant un nouveau référendum d’indépendance de l’Ecosse. Elle devait annoncer sa position à l’automne. Puis avant la fin de l’année. On est début 2019, et toujours rien… Elle dit repousser son annonce à cause des incertitudes liées au Brexit. Difficile de lui en vouloir : comment proposer une alternative sans savoir quel Royaume-Uni l’Ecosse quitterait ? De plus, on ne peut pas dire qu’il y ait eu une explosion de soutien à l’indépendance écossaise. Il y a cependant une dynamique intéressante : selon les derniers sondages, de plus en plus de gens sont convaincus que l’auto-détermination est une bonne idée.

Nicola Sturgeon au Congrès du SNP à Glasgow (octobre 2018)

2019 marquera également les 20 ans du retour d’un Parlement en Ecosse. Les premières élections législatives écossaises ont eu lieu en 1999. Cette année, il y aura sans doute énormément de débats sur la dévolution, la place qu’occupe ce Parlement aujourd’hui, son ambition et sa pertinence.

Malgré une petite appréhension, je suis très enthousiaste pour cette année, qui sera riche politiquement et culturellement. Quoiqu’il se passe, l’Ecosse, et Edimbourg où je vis, seront toujours belles et accueillantes. En 2019, je vous souhaite de venir voir par vous même ce qui fait de l’Ecosse un endroit extraordinaire, et de repartir inspirés, créatifs, optimistes, avec l’envie de revenir, peut-être pour de bon !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.