Pourquoi l’Ecosse ? La confirmation

Cela va faire huit mois que je suis venue m’installer à Edimbourg. Je reviens chez moi, à Pantin et dans le Berry, mais la plupart du temps, c’est en Ecosse que je suis. C’est une expatriation en douceur, mais cela ne m’empêche pas de me demander : mais qu’est-ce que je fais ici ? Pourquoi ai-je décidé de venir dans un pays où mon statut est suspendu aux atermoiements d’un gouvernement britannique, qui m’explique que le fait que les gens comme moi profitent de la liberté de mouvement est un problème ? Alors que j’aurais pu rester avec mon cher et tendre en France au lieu de nous voir régulièrement, certes, mais pas tout le temps ?

J’ai déjà fait deux billets pour expliquer Pourquoi l’Ecosse: un très général il y a un an, l’autre plus récemment, en novembre dernier. Je vais reprendre là où je me suis arrêtée : malgré tout ce qui se passe en politique, ici, c’est moins hystérique. Mes mentions Twitter hier et aujourd’hui m’ont confirmé que choisir l’Ecosse, c’était une excellente décision.

Pouvoir être tout à la fois

Pour la petite histoire, pour ceux qui liront ce billet sans trop me connaître : j’avais déjà eu un petit goût de ce que pourrait être la vie en Ecosse il y a 9 ans, à l’occasion d’une année Erasmus à l’université d’Edimbourg. J’avais été frappée par le fait que personne, mais alors personne, ne m’a jamais dit : « ah tu viens de France ? Non mais vraiment, tu viens d’où ? » Au contraire, ce que j’entendais le plus souvent, c’est « ah tu viens de France, et tu vis ici ? Tu es Ecossaise alors ! »

Pour moi, c’était hallucinant. On se fichait bien d’où je pouvais venir. Ce qui comptait, c’était où j’étais et où j’allais. Je n’étais jamais ramenée à mon statut d’étrangère : je faisais partie du groupe. Mais, et c’est sur ce point qu’on a beaucoup à apprendre en France, faire partie du groupe ne voulait pas dire tout laisser derrière moi et adopter la culture de ma nation d’adoption : je pouvais être tout à la fois, je n’avais pas à choisir ou à hiérarchiser mes cultures. J’ai bien conscience que venant de France, cette origine est assez valorisée : cela a sans doute facilité les choses.

Enfin eu ma photo avec Nicola Sturgeon!

Revenons à aujourd’hui. Si j’écris ce rapide billet, c’est pour saluer bien chaleureusement tous les gens qui m’ont souhaité la bienvenue et ont été absolument adorables sur Twitter ces dernières heures. Je ne pensais pas que poster une photo avec la Première ministre Nicola Sturgeon aurait déclenché une telle vague de bienveillance !

Enfin, je l’aie eue ! Un peu par hasard, au Parlement écossais. Ce n’est pas un selfie, mais ça fera l’affaire.

J’ai eu des gens qui m’ont dit « merci d’être venue ici », « tu es Ecossaise à partir du moment où tu veux vivre en Ecosse », « dis à tes amis de venir, on a de la place ». Vous imaginez ? Comment ne pas vouloir vivre ici ?

Parmi toutes ces réponses, évidemment, deux ou trois esprits chagrins se sont faufilés. Pour me rappeler qu’en Ecosse, il y a de la pauvreté, qu’en Ecosse, il y a du racisme. Et surtout, qu’être Ecossais ça n’existe pas ! On ne peut être que Britannique.

A ces gens, je répondrais que je sais bien tout cela. L’Ecosse n’est pas immunisée contre les intolérances et les inégalités, et il ne faut pas qu’elle soit complaisante. J’ai écrit des articles sur ces sujets d’ailleurs. Je ne nie pas les expériences des gens qui en sont victimes. Mais cela n’empêche pas d’applaudir les choses positives !

Et pour la nationalité écossaise, évidemment, ce n’est pas possible… pour le moment. On en reparle dans quelques années ! 😉

Maybe !

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