J’ai pris le petit dej avec une ministre écossaise

Ceux qui ont déjà vécu les festivals d’Edimbourg savent que 8h30, ce n’est pas une heure pour sortir. Déjà parce qu’il n’y a rien d’intéressant avant grosso modo midi. Et aussi, puisqu’on commence nos journées tard, on les finit tard… Donc le matin, hors de question de se lever avant 9h.

Tout cela pour dire : il fallait au moins que le Fringe me propose du café, des croissants et une table ronde avec Fiona Hyslop, la ministre écossaise de la Culture, du Tourisme, et des Affaires extérieures, pour que je veuille bien trainer mes cernes dans un bus à 8h du mat.

Fiona Hyslop
Fiona Hyslop, la ministre écossaise de la Culture, du Tourisme, et des Affaires extérieures

Le Brexit : pas une bonne nouvelle pour la culture

J’ai rencontré Fiona Hyslop à plusieurs reprises, notamment pour lui demander si le Brexit renforçait la cause indépendantiste. Spoiler : l’élue du SNP a évidemment dit que oui.

Hier matin, nous avons surtout discuté de ce que le gouvernement écossais faisait pour soutenir les festivals, avec notamment le Festivals Expo Fund. Cela représente un investissement de la part du gouvernement écossais de plus de 2 millions de livres pour cette année.

Mais on a aussi parlé de l’éléphant dans la pièce : le Brexit, et son impact possible sur les festivals. Pour la ministre, ce qui est gênant, c’est qu’on ne peut apporter aucune certitude aux artistes qui sont sollicités pour venir à Edimbourg dans les prochaines années. Les festivals font leur programmation sur plusieurs années. Et telles que les choses sont aujourd’hui, on ne sait pas quel sera le système migratoire britannique du futur.

Est-ce qu’il y a de quoi être optimiste, quand même, par rapport au Brexit ? C’est un grand non, pour Fiona Hyslop. « Il n’y a aucune opportunité positive avec le Brexit », a-t-elle dit, sans détour. « Tout ce qu’on peut faire, c’est limiter les dégâts ». Elle est particulièrement inquiète de la volonté du gouvernement britannique de mettre fin, dès la sortie de l’UE prévue le 31 octobre, à la liberté de mouvement. Le problème c’est qu’il n’y a pas encore de système migratoire prêt à prendre le relai. Comment, en pratique, cela marchera ? Les experts disent que c’est impossible de mettre fin à la liberté de mouvement dès le début du Brexit.

L’Ecosse veut rester accueillante

Selon la ministre, les annonces de Londres renvoient une image d’un pays peu accueillant. Pour l’Ecosse, explique-t-elle, son boulot est de montrer que les ressortissants européens sont toujours les bienvenus. L’occasion de refaire un point sur la campagne Scotland Is Now. Vous avez sûrement déjà vu cette vidéo, où un jeune homme nous dit que l’Ecosse est toujours « open », ainsi que les pubs dans la presse française.

(Vous aussi vous avez envie de venir en Ecosse ? Je me demande pourquoi 😉 )

Et j’ai aussi envie de vous partager cette vidéo, à laquelle le Fringe a participé, sur le thème de la diversité de l’Ecosse.

« Scotland is beautiful in so many ways »

Je l’aime vraiment bien, cette campagne. Parce qu’elle ne montre par une Ecosse fantasmée par les vieux conservateurs, bien monochrome, bien « c’était mieux avant ». C’est l’Ecosse, pas parfaite, avec franchement beaucoup de problème, mais qui aspire à être l’étendard des valeurs progressistes de respect, d’inclusivité, d’ouverture. C’est ce qui m’a donné envie de venir.

Si malgré le Brexit, vous avez envie de prendre votre sac à dos et de vous installer ici, pas de panique ! Il y a un épisode d’Ecosse Toujours spécial expatriation. Avec mon acolyte Sarah que je ne vous présente plus, nous vous répondons aux questions les plus courantes avant de venir. Bonne écoute !

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